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 | Jean Charest annonce l'octroi de 500 MW au tarif L à l'aluminerie Alouette, ce qui donne le coup d'envoi à la troisième phase d'expansion de l'usine, un projet de 2 milliards de dollars.
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Le premier ministre du Québec, Jean Charest, en compagnie du président et chef de la direction de l'aluminerie Alouette, André Martel, annonce que Québec garantira un approvisionnement énergétique de 500 mégawatts pour la réalisation de la troisième phase d'expansion de l'entreprise.
Cette annonce ouvre la porte à un investissement estimé à 2 milliards de dollars.
Cet investissement générera 1500 emplois directs et indirects, dont 300 à l'usine de Sept-Îles.
Selon le chef de direction d'Alouette, André Martel, le projet comporte deux grands volets, soit le développement technologique et l'ajout d'une troisième salle de cuves. L'énergie disponible pour lancer la nouvelle production de l'aluminerie ne sera disponible qu'en décembre 2015.
Alouette pourra alors hausser sa production de 575 000 à plus de 930 000 tonnes d'aluminium en ajoutant 216 nouvelles cuves à son usine de Sept-Îles.
Alouette paiera le tarif grande puissance d'Hydro-Québec (Tarif L). Pour le moment, Alouette dispose d'une tranche de 35 mégawatts pour l'ensemble de ses unités de production. L'entente sur l'approvisionnement en électricité sera en vigueur jusqu'en 2041, et ce, pour la production liée aux deux premières phases.
Échéancier encore à déterminer
De l'aveu même de M. Martel, plusieurs étapes doivent encore être franchies avant la première pelletée de terre. Le lancement de la phase 3 de l'expansion de l'aluminerie se fera après la réalisation des études d'ingénierie nécessaires. L'agrandissement devra aussi être approuvé par les actionnaires.
Pour le maire de Sept-Îles, Serge Lévesque, il s'agit d'un jour historique, même si l'échéancier n'est toujours pas connu. Une étape cruciale vient d'être franchie, souligne M. Lévesque : « Elle permettra sans doute aux propriétaires de l'aluminerie Alouette de poursuivre et de franchir toutes les autres étapes nécessaires à leur projet. »
L'entreprise entend consacrer 1,5 milliard à l'agrandissement de l'usine et 540 millions, étalés sur 15 ans, à la modernisation des équipements actuels de l'aluminerie et à la recherche et au développement, notamment en matière de consommation de l'énergie. L'usine de Sept-Îles est dotée de 18 cuves-tests d'électrolyse, utilisées pour mettre à l'essai divers moyens de réduire la consommation d'énergie. Actuellement, Alouette a besoin de 12 700 kilowatts/heure pour produire une tonne d'aluminium, ce qui en fait l'usine la plus performante au monde sur le plan de l'efficacité énergétique.
Le président de l'Association de l'aluminium du Canada (AAC), Jean Simard, juge que l'offre d'aluminium primaire devra doubler pour répondre à la demande mondiale au cours des prochaines années. Selon M. Simard, les alumineries du pays doivent améliorer leur performance sur le plan des coûts d'énergie et de main-d'oeuvre afin de demeurer concurrentielles sur le marché mondial. L'annonce d'aujourd'hui, d'après l'AAC, doit être analysée dans ce contexte.
Apport économique
L'aluminerie investira aussi 10 millions de dollars dans la construction d'un pavillon universitaire à Sept-Îles. Alouette versera au Québec 75 millions de dollars en 25 ans dans un fonds de développement économique.
Comme dans le cas de la phase 2 de son expansion, Alouette s'engage aussi à créer 1000 emplois dans la transformation de l'aluminium au Québec, entre autres par le développement de partenariats avec des équipementiers et des fournisseurs.
« L'entente supporte non seulement un projet d'expansion, mais toutes nos activités de recherche et de développement par lesquelles passe aussi notre croissance », a déclaré le président et chef de la direction d'Aluminerie Alouette, M. André Martel, lors de l'annonce.
Le premier ministre Jean Charest inclut cette annonce dans son vaste projet de développement du Nord québécois. « Je suis persuadé que son projet d'agrandissement contribuera aussi à la mise en oeuvre du Plan Nord, un projet d'envergure qui stimulera le développement du plein potentiel socioéconomique du Nord du Québec », a lancé M. Charest lors de la conférence de presse.
Cuve d'aluminium (archives) L'aluminerie étudie depuis 2007 la possibilité d'implanter une troisième ligne de production.
L'entreprise complétait, en 2005, la phase 2 de l'agrandissement de l'usine de Sept-Îles. Cette expansion avait permis de faire passer la production de 245 000 tonnes d'aluminium à 575 000 tonnes, et coûté 1,4 milliard de dollars. Quelque 340 emplois permanents s'étaient alors ajoutés à Sept-Îles.
En échange de l'octroi d'un bloc énergétique pour sa phase 2, Aluminerie Alouette s'était engagée à créer 1350 emplois, dont 1000 emplois en seconde transformation. Au printemps dernier, l'entreprise affirmait que le programme avait entraîné la création de 1617 emplois, dont 909 dans le secteur de la transformation de l'aluminium.
20 ans, l'an prochain
L'usine, qui aura 20 ans en 2012, compte 1000 employés à Sept-Îles et génère localement 120 millions de dollars par année en salaires.
Située à proximité du marché européen et de celui du Nord-Est américain, la plus importante aluminerie des Amériques produit annuellement le cinquième de la production canadienne totale d'aluminium. Si les projets de l'entreprise se réalisent, elle pourrait devenir la 3e plus grande aluminerie au monde. Le Québec produit 90 % de l'aluminium canadien.
Aluminerie Alouette appartient à cinq investisseurs, soit Rio Tinto Alcan, qui détient 40 % de l'entreprise, l'Australienne Austria Metall, la Norvégienne Hydro Aluminium, Investissement Québec et la Japonaise Marubeni.
Source: Radio-Canada - édition Est du Québec